Les sons de Mars révèlent les secrets du Rouge. Atmosphère de la planète

Une analyse minutieuse de l’audio collecté l’année dernière par un microphone de fabrication française à bord du rover robotique Perseverance de la NASA a révélé de nouvelles informations surprenantes sur les caractéristiques de l’atmosphère martienne.

Environ 18 heures après l’atterrissage de Perseverance sur Mars le 18 février 2021, le microphone construit par l’agence spatiale française CNE et installé dans l’instrument franco-américain SuperCam2 est entré en action. En quelques minutes, il a renvoyé l’audio de la planète pour la première fois de l’histoire. Deux missions précédentes transportaient des microphones, mais l’un a mal fonctionné et l’autre n’a jamais été allumé.

Les sons entre 20 Hz et 20 kHz, dans la gamme de l’ouïe humaine, étaient à la fois excitants et décevants. Mars s’est avérée remarquablement silencieuse au point que le contrôle de mission du Jet Propulsion Laboratory (JPL) à Pasadena, en Californie, a pensé que le microphone ne fonctionnait pas.

Des sons ont été renvoyés, mais ceux-ci ont été émis par Perseverance lui-même alors qu’il roulait et comprenaient des bruits de machine, le grincement des roues sur des rochers et du sable, et les ondes de choc crépitantes du laser du rover brûlant dans les parois rocheuses. Quant à Mars elle-même, il aura fallu plus d’un an d’analyse à Paul Sabatier de l’Université Toulouse III, avec des scientifiques du CNRS, et de l’ISAE-SUPAERO pour isoler plutôt que simplement détecter les seuls sons martiens naturels, le vent, et les utiliser pour en savoir plus sur l’ambiance.

Selon les chercheurs, les enregistrements montrent qu’il existe des différences surprenantes entre les atmosphères de Mars et de la Terre – en particulier dans la façon dont le son se propage. Sur Terre, le son se déplace dans l’atmosphère à environ 760 mph (1 224 km/h), mais sur Mars, il n’est qu’à 537 mph (864 km/h).

Encore plus inhabituel, les sons à haute fréquence se déplacent à une vitesse différente des sons à basse fréquence, ce qui rendrait les conversations sur Mars plutôt difficiles, même sur de courtes distances. Cela est dû en partie à la faible épaisseur de l’atmosphère, mais aussi à sa composition, composée à 96 % de CO₂. Vous pouvez imiter l’effet de ce dernier ici sur Terre si vous avez un orgue à tuyaux et de la neige carbonique à portée de main. Laissez tomber la glace dans la caisse de résonance et une accumulation de dioxyde de carbone dans l’instrument entraînera une chute de la hauteur de ton hors de la plage audible.

semblent se taire

La recherche a été publiée dans Nature.

Source : CNRS

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